Une approche de l’identité par la citoyenneté

L’heure des réalisations a sonné pour l’identité numérique. Du gouvernement au secteur privé les chantiers sont lancés et les annonces sont en train se multiplier : nouveaux financements pour le programme interministériel, élargissement de l’expérimentation France Connect avec le secteur privé, prochain appel d’offre sur le système d’information, etc…

Peut-être que si l’épisode du Coronavirus a eu quelque mérite, c’est bien celui de faire toucher du doigt la nécessité à laquelle nous sommes confrontés de mieux organiser la société numérique en France. Les acteurs européens et nationaux commencent à comprendre que pour que les demandes vers une plus grande souveraineté numérique citoyenne et économique ne soit pas qu’un fil de mots creux, l’organisation de celle-ci a besoin des identités numériques pour pouvoir se structurer et demain s’exercer. L’Europe a perdu la bataille des plateformes commerciales mais peut être conserve t’elle une chance de remporter celle d’un écosystème qui est devenu le nouveau visage de la société.

Il nous semble que parmi les nouvelles récentes deux méritent une mention spéciale vis-à-vis de l’attention de notre communauté professionnelle :

Dans le domaine sociétal la sortie du rapport du CNNUM sur des « identité numérique clés de voute de la citoyenneté numérique » semble donner une tonalité A l’image du choix opéré par d’autres pays européens avant nous comme l’Autriche ou le Portugal, le rapport préconise une approche sociétale de l’identité en France sous l’angle de la citoyenneté. Renouveler la citoyenneté en France par l’identité numérique et approcher l’identité sous l’angle de la citoyenneté numérique voilà peut-être le double message clé qu’il faut en retenir. Notons aussi que le CNNUM appelle aussi les pouvoirs publics à redoubler d’efforts dans l’action lorsqu’il énonce dans son rapport que : « La crise du COVID-19 a mis en lumière la puissance des solutions développées par des acteurs privés étrangers et l’urgence, pour la France, de développer des réponses souveraines et fidèles à nos valeurs ».

Dans le domaine économique, d’autres informations que les représentants de la Commission ont laissé filtrer lors de vidéo-conférences ouvertes au public, ne sont pas passées inaperçues. Avant même la sortie du bilan du réglement eIDAS (prévue en juillet 2020 mais qui pourrait être retardée du fait du COVID 19), les services de la Commission Européenne (DG Connect) laissent entendre qu’ils travaillent déjà à la préparation d’un texte de propositions pour la fin de l’année en vue d’un eIDAS V2 ou d’une possible variante telle qu’une intégration dans le « Digital Service Act » annoncé. Quel sera le contenu des mesures eIDASV2 ? Les responsables de la DG Connect sont beaucoup plus réservés là-dessus mais prennent soin de souligner que l’objectif est d’une part de rendre eIDAS plus concret et d’autre part plus incitatif vis-à-vis du secteur privé. Des propositions qui si elles sont menées au bout pourraient voir leur contenu être débattu lors de l’ID Forum en janvier 2021. 

Voici donc bien des éléments annonciateurs d’un potentiel de développements de meilleurs services numériques plus fiables et personnalisés. Des services qui permettront aux utilisateurs un agir numérique plus efficace, car construits avec un écosystème d’identités adapté aux nouvelles réalité économiques et sociétales de la vie numérique.

André Viau, Co-fondateur de l’ID FORUM

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