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Retour sur la première édition de l’ID FORUM

De Guy de Felcourt, Co-fondateur de l’ID FORUM

Une journée décisive au service de la société et de l’économie numérique

L’ID Forum avec ses deux plénières sur la France et l’Europe et ses six tables rondes d’approfondissement a montré pleinement l’importance du sujet de l’identité pour une société et une économie transformés par le numérique.

S’il fallait garder un message de cette journée, il me semble que c’est que la construction d’une société numérique et le renforcement d’une économie digitale ne se feront pas sans des écosystèmes structurés. Et que la participation de l’Europe et de la France à ce mouvement mondial est essentielle, les identités numériques en constituent naturellement une des pierres angulaires.

Or il existe bien un modèle européen de l’identité numérique dans lequel celle-ci basée sur des identités pivots garanties à la fois la minimisation des données et le contrôle de son identité par l’utilisateur. Sur des niveaux de confiance substantiels et élevés, l’utilisateur citoyen, consommateur ou la toute petite entreprise a la possibilité de décider et d’agir numériquement. Il n’est plus le simple objet d’un big data et d’une intelligence artificielle qu’il ne maitrise pas. Il a des droits et possède des outils à sa disposition de par une identité dont il contrôle l’opportunité et la faculté d’usage.

Encore faut-il que les responsables nationaux et européens en aient conscience et qu’ils souhaitent promouvoir et déployer ces identités numérique En cela l’ID Forum aura sans doute été une journée décisive au cours de laquelle les acteurs économiques et sociaux ont pu réaffirmer leurs visions et leurs engagements.

Des conférences plénières riches de perspectives nouvelles

Avec la plénière France plusieurs bonnes nouvelles sont venues ouvrir la journée, après l’annonce d’une première identité numérique française qualifiée au  niveau substantiel et fournie par le groupe La Poste, la poursuite des travaux de France-Connect pour hisser l’écosystème lui-même à ce niveau substantiel, ont été évoqué l’expérimentation ALICEM en vue de constituer à une solution transitoire de niveau substantiel et ou élevé fournie par l’Etat, ou le lancement d’une CNIE à partir de 2021 pour répondre au règlement européen. Les échanges sur les évolutions de l’écosystème d’identité numérique notamment dans son ouverture aux utilisations du secteur privé, son modèle économique et le ou les schémas qui seront notifiés à la Commission européenne aurons été aussi prometteurs d’évolutions prochaines dans notre pays, ou le gouvernement semble avoir le souci de ne plus rester à la traine des autres pays européens sur le sujet et d’entreprendre une action de long terme sur ce sujet capital.

Dans l’évocation des sujets européens et internationaux il a été beaucoup question des sujets d’interopérabilité et de souveraineté. En Europe l’application du règlement eIDAS et la perspective d’une possible deuxième phase ont été au centre des échanges. On approche une vingtaine de schémas d’identités déjà notifiés (ou pré-notifiés) par les Etats Membres, l’interopérabilité a débuté  et la Commission Européenne a fait valoir ses nombreuses initiatives pour mieux motiver l’usage du règlement dans de nombreux services et usages allant de l’authentification pour les services financiers à ceux de la santé publique. A l’international, l’interopérabilité est aussi un sujet qui se développe notamment par les standards ouverts sur l’identité (OSIA) un mouvement qui garantit l’évolutivité et l’interopérabilité des solutions industrielles dans le respect des choix souverains de nombreux pays dans le monde.  Enfin le débat s’est aussi étendu sur la manière dont les identités numériques en Europe contribuent à fortifier les capacités d’autonomie stratégique et à forger un espace commun partagé. Un espace où les services publics et privés soient mieux accessibles, tout en renforçant les moyens d’accès simples par les populations qui se sentent exclues des nouvelles technologies.

Des tables rondes éclairantes sur la contribution économique de l’IN

Les tables rondes d’approfondissement ont permis d’aller au cœur des sujets de l’identité : La mobilité et le transport, la connaissance client et l’entrée en relation, la modernisation de l’administration publique et des collectivités locales, la transformation de l’expérience client (e-commerce, paiement et économie collaborative), le déploiement des usages de confiance, et enfin la gestion des identités par les entreprises(IAM) entre besoin de conformité et gestion des risques. Les participants ont pu explorer bien des nouvelles dimensions de l’identité dans le champ économique et social.

Les débats sur la mobilité intelligente ont éclairé un monde du voyage, du transport et de la mobilité en pleine évolution avec l’identité numérique. La consolidation des parcours voyageurs et leur personnalisation, les transports de spécialités (comme les camionneurs), la facilitation et la sécurisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires, ont été évoqués. Un des sujets les plus captivants dans les échanges entre les orateurs ont porté sur les perspectives de transformation de la billettique et celui de nos passeports électroniques avec les DTC (Digital Travel Credential) et l’affrontement des différentes technologies (cloud, mobile, documents, biométries) comme support de l’authentification et des droits

Dans la table ronde sur l’entrée en relation et la connaissance client, les nouveaux besoins de la KYC à distance en matière des attributs d’identité, de leur vérification et des processus spécifiques d’identification et d’authentification par rapport à différentes exigences sectorielles ont alimentée la discussion. Les acteurs français ont évoqué l’arrivée des identités numériques certifiées substantielles par l’ANSSI comme facilitatrices du processus d’entrée en relation avec les clients notamment pour les banques et les Fintech. En Belgique, la mutualisation interbancaire de la KYC a fait de très gros progrès. Les processus d’actualisation et de partage des évènements et des preuves ont réussi à trouver une entente entre la plupart des acteurs de la place et le régulateur et devrait apporter des bénéfices tangibles en terme de valeur ajoutée du service et d’économie de gestion sur la place.

La transformation de l’expérience client était au cœur d’une autre table ronde portant sur le paiement et l’e-commerce européen avec la participation d’acteurs luxembourgeois, portugais et français. Mettant l’accent sur la grandissante importance de l’authentification commode et sécurisée au service de la facilité du paiement, les participants ont aussi évoqués la corroboration d’identité à distance, la mise en place des services de confiance comme la signature. Comment l’identité numérique découvre un grand potentiel pour faciliter et sécuriser simultanément les parcours clients. Les cas d’études et d’implémentation ont inspiré aussi les échanges et en soulignant les importants progrès réalisés.

L’inclusion numérique a été le thème prédominant dans la table ronde sur l’administration électronique et les collectivités locales. Comment apporter une valeur ajoutée utile à la quasi-totalité de la population ? De la grande administration territoriale à la petite collectivité locale, les échanges d’expérience ont été fructueux portant sur des exemples allant de la mise en places de cartes de citoyens et d’applications mobiles ou d’identités numériques logicielles sous forme de comptes. Les séances de formation et/ou d’assistance vis-à-vis des citoyens peu ou pas autonomes sur les plateformes numériques se révèlent souvent nécessaires pour accompagner les utilisations plus matures et responsables des services numériques publics.

La table ronde sur quels niveaux de confiance pour quels usages a permis de revenir sur les bénéfices pour les utilisateurs en terme de droits et de gains d’usages ou d’autonomie d’action personnelle dans l’action numérique. L’agir numérique : saisine, vote, plainte, résiliation, renoncement, acceptation, consentement, référendum d’initiative locale, c’est la liberté de l’utilisateur conditionné à son identité de confiance. Dans cette table ronde ces questions ont été évoquées, selon les points de vue respectifs de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés, d’une association professionnelle, d’une association de consommateurs et d’une agence internationale de cachets électroniques pour les documents et les objets donnant lieu à la découverte de dimensions différentes et de défis à relever ensemble par l’ensemble des acteurs. 

Enfin la dernière mais pas la moindre des tables rondes de l’ID Forum a pu faire le constat de l’évolution de la gestion des identités numériques en Entreprises qui s’établit progressivement comme un instrument de pilotage de la conformité et de gouvernance des risques. De l’auditabilité des décisions prises par les mandataires jusqu’à la gestion des délégations, l’IAM continue à former une colonne vertébrale au carrefour du SI et de la pratique organisationnelle. Les derniers développements de l’IAM qui gère les services Cloud et le nomadisme mobile ont été évoqués avec également la croissante convergence avec la gestion des identités des clients. On retiendra aussi de cette table ronde l’évocation des risques des entreprises et de la gestion des attributs de la conformité vis-à-vis des exigences financières, sociales et statutaires. Un dévoilement des services d’accompagnement dans les services sur l’identité des personnes morales dont le périmètre continue de croitre.

ID Forum 2020-2021

La date de l’ID Forum est déjà connue pour l’année prochaine, ce sera le 19 Janvier 2021 à Lille réservez la dès maintenant sur votre agenda !

L’ID Forum vous donne également rendez-vous en cours d’année pour des petits déjeuners débats thématiques, renseignez-vous sur notre site   https://id-forum.eu/ ou suivez notre actualité sur notre compte Twitter https://twitter.com/IDforum_eu

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Gwendoline LEGROSNewsletter